Affichage des articles dont le libellé est Art et culture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Art et culture. Afficher tous les articles

dimanche 11 octobre 2015

Hôtel du département


Cela se passe dans un bus, avec des passagers. Le confort y est revisité et le trajet différent. Ici la cassure de la routine n’est pas élusive. Elle est sensuelle, suave mais surtout réelle. Elle se manifeste par la politesse des passagers, le confort des sièges, et la joie de vie des lycéens. Comme depuis vingt jours, j’appréhende la cassure. Ici la différence n’est pas que matérielle, elle se glisse subtilement entre les préjugés. C’est assis au fonds avec un air pieux que j’essaie de m’insérer dans cette mosaïque culturelle. J’observe les regards et les réactions. Elles sont parfois spontanées mais pour la plupart revendiquent une certaine légitimité. Dans ce bus, les gens ont cette particulière manière de vous exclure en vous invitant. « L’exotisme s’arrête au zoo. Ici, on ne vit pas sur des branches ni sous des cases. Tous ensemble ! » . L’opération se fait sans émotions particulières. Cela passe par une mimique, un regard furtif limite réprobateur. Mais avec cette élégance légendaire tant revendiquée. Juste après, vient le moment de se débarrasser de son « exotisme », de rester muet en écoutant Nina Simone et d’attendre la délibération. Ces fameux trois mots... Hôtel du département.

mercredi 10 septembre 2014

ABLAYE THIOSSANE

Un saxophone, une voix. Des émotions distribuées avec parcimonie. Des mots doux prononcés langoureusement dans une atmosphère dépouillée de tout folklore. Ablaye Thiossane est donc ce vieux bonhomme qui se croît encore devant un tableau. Avec son pinceau qui divague, titillant les angles les plus lointains et profonds de nos sens.

Inutile de se lancer dans un interminable monologue. Retenons qu' Ablaye a 78 ans, qu'il compose et chante depuis plus d'une cinquantaine d'années. Thiossane son tout premier album est ce récit inspiré par l'histoire de ses ancêtres et de son amour pour la musique africaine et cubaine.




@diinedk

dimanche 1 juin 2014

ORIGINES ET EVOLUTION DE LA RUMBA CONGOLAISE


Venant à l’instant de découvrir une chanson d’un certain Ablaye Thiossane « Thiéré lamboul » grâce à un twittos, l’envie d’écrire un article sur les tubes des années post indépendance m’est venu spontanément. D’abord je précise que je n’ai pas une maîtrise particulière de l’évolution de la musique africaine à cette époque. Mais je tiens juste à partager quelques coups de cœur que j’ai eu à découvrir au hasard (comme celui de Ablaye Thiossane) ; par ailleurs je ferai une petite recherche sur les sonorités de cette époque. Pour un début on se consacrera sur un genre musical bien particulier, la rumba congolaise. Cette dernière fait partie de mes préférées avec cette langue le lingala (que je ne comprends absolument pas) qui pour des raisons inexplicables je trouve très beau. Cette musique imprégnée dans la culture congolaise est riche par la diversité des thèmes inspirant les chansons.


Origines:

La Rumba est une danse de nombril qui vient du Royaume Kongo et en République Centrafricaine, la danse du nombril à l’époque est une expression folklorique charnelle permettant à un couple de danseurs de se produire nombril contre nombril.
La Rumba conserve à ce jour quelques mots bantou et yoruba dont on entend dans certaines chansons Cubaines. Lorsque la Rumba est revenue en Afrique entre les années 40 et 50, après avoir été longtemps un moyen d’expression artistique et de revendication des noirs qui dénoncent l’injustice dont ils sont victimes à Cuba, elle a été réappropriée par les Africains.




Evolution:

La Rumba vers la fin des années 50 va se moderniser avec l’incorporation de la guitare électrique, la trompette et la batterie. Au fil des temps, elle intègre d’autres courants musicaux tels que le Jazz, le Makossa, la Pop et la Soul. Les musiciens africains intègrent leur folklore dans ce riche patrimoine culturel et l’enrichissent d’autres courants. La rumba congolaise va devenir le soukous ou le ndombolo incorporant des influences locales pour les dernières générations.


"Ebale ya Zaire" (Le fleuve Zaire)




Ebale ya Zaïre (Le Fleuve Zaïre) est l’une des chansons les plus célèbres des grands classiques de la Rumba congolaise composé en 1973. Il s’agit d’une chanson d’amour (écrite en lingala) basée sur des faits réels vécus par l’auteur Simaro Lutumba. Ce dernier fut sérieusement affecté par le départ de sa femme qui se rendait au Nord de la République démocratique du Congo. En accompagnant sa dulcinée au port de Kinshasa où elle devrait prendre le navire, il fut subitement épris d’un sentiment d’abandon. Plutôt que de s’effondrer impuissant dans les bras de Zwani sa partenaire de vie, il s’en prend au navire qui va l’emmener vers d’autres cieux, en l’accusant de lui voler son amour éternel et en lui demandant surtout de la ramener le plus tôt possible. Il assiste, les larmes aux yeux, à l’éloignement de ce maudit navire qui disparaît dans le brouillard avec sa bien aimée, sans être rassuré de son retour, le regard figé sur la photo qu’elle lui a laissée en souvenir au moment de s’en aller. Il en est tellement meurtri qu’à la fin de la chanson, il en appelle presque à la mort pour alléger ses souffrances, ne pouvant plus supporter de voir devant lui l’ombre de sa femme à chaque pas qu’il fait. Dans cette chanson, Simaro Lutumba relate toute la peine qu’il a eue à accepter la séparation d’avec sa femme, de façon très imagée, très poétique et à la fois philosophique.


"Maria Chantal" Zaire Attack (1974)




"Makolo ya massiya" Carlyto Lassa (1997)




La Rumba aujourd’hui :

A force d’évoluer, la rumba s’est dénaturalisée avec des influences pop à l’heure actuelle. Le lingala bien que très beau n’est pas une langue accessible au reste du monde. En plus des artistes qui perdent leur personnalité artistique en citant plusieurs noms de célébrités dans leurs chansons. Heureusement qu'il arrive d'être agréablement surpris par des nouveaux venus qui sortent du lot parmi lesquels on peut citer le groupe Bana C4 produit par le rappeur Youssoupha. Le groupe est constitué de chanteurs et danseurs pour la plupart d'origine africaine.



Ainsi s'achève ce voyage en espérant que vous avez aimé. A très bientôt pour de nouvelles découvertes musicales.

jeudi 29 mai 2014

OUTDOOR #2




Réveil matinal, un peu de lourdeur dans les jambes. Après quelques essaies, d’expirations répulsives et pathétiques, la vingtième pompe est enfin atteinte. Moment de solitude et de détachement. L’esprit dicte, les sens subissent et poussent les pores à libérer l’immense gratitude  de l’effort. Comme chaque matin l’engagement noie la douleur qui bâtit une perfection inexistante.




Ainsi chaque matin, est choisie la chemise proportionnée, le pantalon aux quatre poches, les chaussettes, les bottes. Ces dernières sont délicatement dépoussiérées. Comme toujours avec la même attention, comme toujours en fredonnant. 


Une seconde dans la peau de Jacques, mais seulement le dos fait face à la porte et il n’y a ni Rose, ni vent, ni bateau. Un chemin ensablé, des pas appuyés un peu comme pour sauter des obstacles, des obstacles qui se poseront jusqu’à l’arrêt de la « ligne 1 ».




Dans le bus, une vieille dame vendeuse de beignets protège religieusement son panier. Ignorant réprimandes et regards inquisiteurs, elle est en face de moi. Ce moi avait aujourd’hui cette compassion du commun des passagers. Celle qui voulait que l’on sorte ses pièces avant de s’enorgueillir de sa vertu du jour. Supporter la difficulté de cette femme à surmonter les marches du bus, son visage balafré, ses mains veineuses et tremblantes me suffirent à sacrifier l’une des dernières pièces de ma poche. Suivait alors un regard surpris, un sourire volé et des prières témoignant d’une gratitude spontanée.


Je descends un peu plus tôt car brûle en moi l’immense envie de subir à la tentation. Ce matin je ne franchirai pas le portail de l’école. La place du souvenir ne me laisse pas le choix. Je descends les marches petit à petit, indifférent devant les affiches du Dak’art. S’en suit une heure de fausse méditation. Tantôt coupable, tantôt victime. L’interminable guerre entre l’esprit, l’être et la raison.




Soudain derrière d’ennuyantes lamentations, ces cris expressément ignorés bénéficient de mon attention. Une école venue visiter une exposition. On est bien loin de l’ambiance morose des jours ordinaires. Cette insouciance juvénile provoque les réprimandes de cet adulte qui n’a pas su être un éternel enfant. Faudrait qu’il lise le petit prince.


Je succombe encore à la tentation. Celle qui m’invite à rejoindre les enfants. Sans surprise je me retrouve dans la salle, délicatement éclairé. L’écho des cris me laisse perplexe. Je fais semblant de m’y connaître les toiles se ressemblent et se succèdent. Je ne parviens pas à lire entre les lignes. Il est visible que seul l'esthétique est prise en compte. Je comprendrai plus tard que c’est une exposition de l’ICCM. Une école de mode. Pendant ce temps les enfants se sont volatilisés.






En remontant les marches de la porte du souvenir, une autre affiche m’invite à nouveau. Le projet a l’air beaucoup plus ambitieux, un collectif de 14 artistes africains. « Abstractions légitimes »







Je retrouve des tableaux aboutis, ma prétention me pousse à avoir un œil critique. Mais seulement je ne vois toujours rien. Seulement le recours à la facilité pour certains artistes. Heureusement pas tous. Bon sang qu’est ce qu’il faisait chaud dans cette salle ! Du vide, de la chaleur. Je constate avec amertume ce que l’art me réservait.

Les marches en fredonnant. J’aurai du aller aux cours. 







jeudi 23 janvier 2014

CRITIQUE : DJANGO UNCHAINED



Il ne manquait pas de superlatif pour qualifier le dernier film de l'extravagant Quentin Tarentino. En gros un western spaghetti soupoudré de quelques clichés. Véritable succés en salle, Django Unchained est qualifié de plus grand film de tous les temps par certains internautes. Après l'avoir visionné en VF puis en VO (sous titré), j'avoue être à la limite de la déception. Mais avant de me concentrer sur le film familiarisons-nous avec le réalisateur dans l'un de ses films cultes:"Pulp Fiction" sorti en 1994:

PULP FICTION

Ce que j'aimais chez Tarantino avant Django était cette déstructuration du verbe qu'était obligée de suivre le scénario. Prenons l'exemple de pulpe fiction; à partir d'un récit déstructuré, Tarantino avec cet humour noir parvient à façonner les dialogues qui abolissent toute linéarité. Aucune règle n'est supposée être suivie, les scènes se succèdent surprenantes, hilarantes pour la plupart du temps avant de se terminer par des répliques cultes.


La scène du resto entre Vincent et Jules juste avant la fin:
- Tu veux du bacon ?
- Non, merci. C’est du porc.
- Pourquoi, t’es juif ?
- Nan, j’ai horreur du cochon. Ca craint c’est tout.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est dégueulasse un porc. J’mange pas ce genre d’animal.
- Mais l’bacon c’est délicieux ! Un bon jambon c’est délicieux !
- Mouais, les rats ont p’tet le goût de crème caramel mais comme j’ai pas l’intention d’en manger j’pourrais jamais le savoir. Et puis les cochons il se roulent sans arrêt dans leur merde, même qu’ils la bouffent. C’est dégueulasse. Faut être con pour manger ses excréments.
- Hé ben et les chiens ? Les chiens ils les mangent eux.
- J’mange pas de chien non plus.
- Tu penses que le chien est un animal aussi sale que le porc ?
- J’dirais pas que c’est un animal aussi sale que le porc mais il n’empêche qu’il est dégueulasse. Seulement, le chien a de la personnalité. La personnalité ça change tout.
- Si j’comprend bien dans ta logique un porc qui aurait de la personnalité ne serait plus aussi dégueulasse qu’avant, c’est ça le truc ?
- Ouais, mais pour ça il faudrait qu’il ai un charme fou ton porc. Il faudrait qu’il possède dix fois plus de charme que le cochon de Walt Disney tu vois ce que j’veux dire.
Nous pouvons noter cette force qu'il a à dédramatiser les tragédies créant un décalage énorme entre les situations vécues à l'écran et la psychologie des personnages qui se laissent aller à une grande désinvolture et une légèreté parfois troublante. Comme l'illustre la scène de la montre en or ci-dessous qui est selon moi l'une des plus hilarantes de tous ses films:


A celà s'ajoute la simplicité de l'histoire, contrairement à Django Unchained, si on regarde à nouveau "Pulp Fiction"ça sera pour le plaisir et non pour comprendre le scénario.



RETOUR SUR DJANGO

Difficile pour moi de dire que ma déception relève de mon souci de résister à l'influence de la masse ou plutôt des contradictions et quelques séquences qui m'ont offusqué.
Toujours les mêmes stéréotypes, dominant/dominé, le noir qui doit toujours s'émanciper. Le père spirituel prônant la vertu et accordant des faveurs à un esclave qui sort du lot (Cette pierre précieuse qu'on peut trouver à 1/10000

 
Le personnage de Django est agaçant et égoïste. Broomhilda reste très passive et accepte juste d'être la femme qui subit des sévices sans résistance et attend son esclave émancipé. La scène des retrouvailles entre Django et Broomhilda relève du ridicule quand celle-ci s'évanouit dans la chambre. L'effet recherché n'est pas trouvé selon moi. La scène manquait d'un peu de fluidité. À y voir de plus près je crois que le réalisateur a voulu jouer avec les émotions des téléspectateurs en rendant l'attente des retrouvailles les interminables. Tandis qu'on s'attend à un peu de romantisme voir même cette joie contenue qui explose, Tarantino ajoute cette petite touche de stupidité renforcée par la passivité de Broomhilda. Ce que certains peuvent ne pas aimer.




Le Docteur Schulz reste l'un de mes personnages préférés. Pas pour son côté mentor mais plutôt pour son sens de l'humour. La scène du début avec les esclaves, ou lorsqu'il lance au propriétaire du Bar après avoir buté le shérif : "Maintenant tu peux appeler le Marshall!".

Enfin le personnage de Stephen reste le plus controversé, mais là demeure tout l'intérêt du film:
le fait d'ériger deux personnages qu'on n'avait pas l'habitude de voir interprétés par des noirs.
Des cow-boys noirs? Pas tout à fait. C'est que Tarantino réussit à donner tous les attributs d'un western accompli à Django. Désormais le héros c'est lui, il se met à cheval, s'endimanche et se permet de fouetter ses maîtres blancs. Les règles sont changées.


Mais le revers de la médaille est Stephen l'un des plus détestés du film. On se demande parfois si ce contremaître est noir. Où se trouve la compassion entre communautés (Là je parle de l'époque de l'esclavage). On a l'habitude de victimiser les noirs et de faire passer les esclavagistes pour des diables. Stephen constituera à lui seul ce qu'il y a de pire, cette dévotion inexplicable qu'il a pour son maître qui a commencé avec le père de celui-ci poussera même le téléspectateur à avoir une certaine admiration aussitôt réprimendée par la haine qu'il a pour les esclaves et particulièrement pour Django. Le fait que c'est lui qui finit par trouver le secret de Broomhilda fera de lui le personnage le plus détesté. Mais ici, la critique de la part de Tarantino est objective d'un point de vue de ces deux personnages qui représentent tout ce qu'il y'a de mieux et de pire.



L'attitude de Django sera par moment incompréhensible tant l'absence de solidarité et de compassion le caractérise. On nous dira que tout ceci est justifié par le fait qu'il veuille retrouver sa bienaimée. Difficile d'arriver à faire le lien.

Finalement, Django restera le film de Tarantino qui m'a le moins plu. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des scènes cultes malgré toutes les spéculations. "Django Unchained" s'avère être un bon film de western fourre tout un peu disproportionné. La scène de l'explosion digne d'une fin de "Rambo" , Broomhilda qui se bouche les oreille (Je crois que j'avais envie de lui donner une claque lol), en admirant paisiblement son amour qui fait danser son cheval (WTF???).

Finissons en beauté avec la scène des cagoules aussi hilarante que stupide:



dimanche 22 décembre 2013

LE «STREET ART» DE BANKSY


Il y’a quelques semaines, je me rappelle être tombé sur une vidéo sur YouTube. Cette dernière mettait en œuvre un marchand ambulant inconnu mettant en vente ses œuvres d’art au milieu de Central Park. En découvrant que les œuvres étaient vendues environ 60 dollars pièce alors qu’ils en valaient des dizaines de milliers, j’ai voulu en savoir plus.



L’homme était un volontaire vendant des tableaux de Banksy un artiste graphiste inconnu qui a commencé à donner vie aux murs de Londres il y’a 20 ans. En langage simple, Banksy ne fait que du graffiti. Mais épuré avec une âme derrière chaque oeuvre ! Ces illustrations sont si populaires en Grande-Bretagne qu’elles sont gardées par des vigiles ou protégées par des plaques de plexiglas. Il réussit à apporter une touche d’humour (souvent noire) dans des contextes les plus improbables. Petit à petit grâce à la technique du pochoir (technique qui permet de reproduire plusieurs fois des caractères ou des motifs sur un support) il réussit à se créer un univers qui sera partagé dans les quatre coins du monde. 

L’identité de Banksy est toujours méconnue du grand public, mais la particularité de son travail valsant entre le graffiti et l’art contemporain vaut le détour.


Beach Boys

Réalisée sur le mur séparant Israël et la Palestine, cette œuvre visiblement provocatrice est le reflet d'un désir de paix.


La jeune fille brûlée

Guerre du vietnam le 8 Juin 1972
Cette photo a été prise par le photographe Nick Ut Cong Huynh dans le sud du Vietnam à Trang Bang. La jeune fille nue Kim Phuc est gravement brûlée et cherche à s’échapper d’une attaque de l’aviation sud-vietnamienne.


La touche Banksy


Banksy mise sur le contraste entre les pleurs et cris d’horreurs de la fille contre les visages égayés de Ronald McDonald et de Mickey Mouse symbole de la réussite du capitalisme. Cette œuvre aux premiers instants demeure aussi captivante et choquante que l’original.


D'après un célèbre collectionneur, Banksy reste un véritable anarchiste, un anticapitaliste farouche, un donneur d’alerte qui porte un regard militant et politique sur le monde.


La vente de Central Park


Il y’a quelques semaines Banksy avec l’aide d'un vieil homme vendait ses œuvres de manière aussi dépourvue qu’il soit. Simplement étalés en pleine rue ces tableaux qui valaient des milliers de dollars étaient à peine regardés par les passants. Une femme aura la chance d’acheter deux tableaux, mais en demandant 50% de réduction ; une jeune fille qui voulait décorer son appartement en achètera quelques-uns.




Interrogé sur sa performance de New York, Banksy s'expliquera sur ces termes: «Je sais que le “street art” peut de plus en plus sembler la partie marketing d’une carrière d’artiste, j’ai donc voulu faire de l’art, sans prix. Il n’y a pas de galerie, ou de film, ou de livre. C’est inutile. Et j’espère que cela veut dire quelque chose». 


Et si la valeur était une chose subjective et abstraite. Si le prix d’un « kooning » ou d’un « Van Gogh » ne dépendait que du cercle de milliardaires anonymes adeptes de ventes aux enchères. Ces tableaux en fin de compte n’ont plus de valeur sur de vulgaires cadres… la raison de l’art de la rue se trouve sur les murs.